Contrôle
Commencez par regarder qui a signé. Un consommateur, une association, un service de l'État : la lettre se ressemble, la suite n'a rien à voir. Puis corrigez la clause, parce que c'est le seul geste qui ferme le dossier, et répondez en disant ce que vous avez fait. Dans cet ordre, et sans attendre d'avoir un avis sur le fond.
L'essentiel : une clause abusive est déjà réputée non écrite, dit l'article L241-1 du code de la consommation, et le reste du contrat continue de s'appliquer sans elle. Vous ne perdez donc rien en la retirant : elle ne vous protégeait pas. Ce que vous risquez en la gardant est tout autre chose, parce que l'article L241-2 attache à la présence d'une clause de la liste noire une amende administrative de 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale, dans sa version en vigueur depuis le 28 mai 2022.
Trois expéditeurs possibles, et ils n'ont pas les mêmes suites.
Vous n'avez pas besoin de le reconnaître pour la retirer, et c'est la nuance qui débloque la plupart des dossiers. Retirer une clause réputée non écrite ne vous fait rien perdre, puisqu'elle ne produisait déjà aucun effet. Écrivez donc ce que vous avez fait, pas ce que vous concédez : « la clause a été retirée le 12 du mois, elle se lit à cette adresse ».
En revanche, si la clause vous paraît légitime, dites-le et expliquez pourquoi, dans la même lettre. Certaines le sont, et les confondre avec les autres vous dessert : notre article sur les clauses interdites et celles qu'on croit interdites sépare les deux familles.
Cela dépend de qui écrivait, et dans les trois cas le silence est le plus mauvais choix disponible.
Côté administratif, l'injonction de l'article L521-1 peut être assortie d'une astreinte journalière d'un montant maximal de 3 000 euros, le total liquidé ne pouvant excéder 300 000 euros, depuis la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025. Côté judiciaire, l'article L241-1-1 prévoit une amende civile de 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale contre le professionnel qui continue d'employer une clause déjà jugée abusive par une décision devenue définitive à son égard. Ce texte est en vigueur depuis le 3 mai 2025.
Autrement dit : la première lettre coûte une correction, et c'est l'obstination qui coûte de l'argent.
Mes CGV viennent d'un modèle acheté, est-ce le vendeur du modèle qui répond ? Non. L'obligation pèse sur le professionnel qui contracte avec le consommateur, donc sur vous. Un modèle recopié est d'ailleurs le premier endroit où nous trouvons des clauses de la liste noire.
Je corrige, est-ce que ça efface le passé ? La clause ne produisait déjà aucun effet, donc il n'y a rien à effacer de ce côté. Ce qui reste, ce sont les conséquences éventuelles sur les commandes déjà passées, et elles se règlent commande par commande.
Mes CGV sont en anglais sur une partie du site. Le contrat proposé à un consommateur en France se lit en français. Une version anglaise qui dit autre chose que la version française est un problème à part entière, et nous le rencontrons souvent sur les boutiques multilingues.
Une clause abusive ne vous protège pas : elle est réputée non écrite depuis le premier jour, et la garder n'achète rien. Regardez qui écrit, copiez l'état d'avant, corrigez sur les trois exemplaires, répondez dans le délai avec une date. Le dossier se referme là, et c'est le silence qui l'ouvre vraiment.
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Cet article décrit des règles publiques, telles qu'elles étaient en vigueur au moment de sa rédaction. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un avis sur une situation particulière, et n'engage pas son auteur. Les textes évoluent et leur application dépend de chaque cas : pour le vôtre, rapprochez-vous d'un avocat si vous l'estimez nécessaire.
Textes cités : articles L212-1, L241-1, L241-1-1, L241-2 et L521-1 du code de la consommation. L241-2 est dans sa version en vigueur depuis le 28 mai 2022, issue de l'ordonnance n° 2021-1734 du 22 décembre 2021. L241-1-1 est dans sa version en vigueur depuis le 3 mai 2025, issue de la loi n° 2025-391 du 30 avril 2025. L'astreinte de L521-1 est issue de l'article 18 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025.