Obligations
La moitié utile de ce sujet n'est pas la liste des clauses interdites. C'est la liste de celles qu'on vous reprochera peut-être à tort. Un marchand à qui l'on signale dix clauses dont six sont parfaitement régulières cesse d'écouter, et il a raison.
L'essentiel : une clause abusive est réputée non écrite (article L241-1 du code de la consommation). Le contrat reste valable sans elle. Le code distingue deux listes : celles de l'article R212-1, irréfragablement abusives, et celles de l'article R212-2, seulement présumées abusives, où le professionnel peut apporter la preuve contraire.
L'article L212-1 la définit par son effet : une clause qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, au détriment du consommateur. L'appréciation se fait au regard de toutes les circonstances de la conclusion du contrat, et des autres clauses du même contrat.
Deux précisions qui changent tout dans la pratique.
D'abord, le texte ne vise que les contrats entre un professionnel et un consommateur. Une clause réservée aux rapports entre professionnels sort du champ : « entre professionnels, les tribunaux du siège du vendeur sont seuls compétents » est régulière, la même phrase sans cette restriction ne l'est pas.
Ensuite, les deux listes ne se jugent pas de la même façon. Une clause de la liste noire est abusive sans discussion possible. Une clause de la liste grise est présumée abusive, et le professionnel garde le droit de démontrer qu'elle ne crée aucun déséquilibre dans son cas.
Douze catégories, dont voici celles qu'on rencontre le plus souvent dans des conditions générales de boutique en ligne.
Dix catégories présumées abusives. Trois reviennent constamment en e-commerce.
Cette section est la raison d'être de cet article. Chacun de ces points a déjà été signalé à tort, par un outil automatique ou par un prestataire pressé.
Deux conséquences distinctes, et c'est la seconde qui a changé récemment.
La clause est réputée non écrite (article L241-1). Elle ne protège de rien : le vendeur qui comptait sur elle se retrouve sans elle au moment où il en aurait eu besoin, et le reste du contrat continue de s'appliquer.
L'article L241-2 prévoit par ailleurs une amende administrative pour la présence de clauses relevant du décret pris en application de L212-1. Depuis le 28 mai 2022, son plafond est de 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale. Beaucoup de pages en ligne donnent encore 3 000 et 15 000 euros, qui étaient les montants d'avant cette date.
C'est le cas le plus fréquent, et c'est aussi la raison pour laquelle les mêmes clauses reviennent de boutique en boutique. Les modèles de conditions générales fournis par les plateformes sont souvent des traductions de documents de droit américain, où ces clauses sont licites. La responsabilité du contenu publié reste celle du vendeur.
Elle est présumée abusive, donc la charge de démontrer l'équilibre revient au professionnel. En pratique, la plupart se réécrivent en une phrase : un délai de livraison annoncé en date plutôt qu'« à titre indicatif », une clause de preuve complétée par « sauf preuve contraire ».
En les lisant article par article, sur les trois documents qui coexistent souvent sur une boutique en ligne : la page de conditions générales, et les deux politiques que la plateforme affiche au moment du paiement. Elles divergent plus souvent qu'on ne le croit, et c'est celle du tunnel de paiement que le client lit en engageant son argent.
Une clause abusive ne coûte pas seulement une amende possible : elle ne vous protège pas le jour où vous en auriez besoin. Et le travail utile n'est pas de supprimer tout ce qui ressemble à une limite, c'est de distinguer les clauses que la loi interdit de celles qu'elle autorise. La plupart des conditions générales de boutiques en ligne contiennent les deux.
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Cet article décrit des règles publiques, telles qu'elles étaient en vigueur au moment de sa rédaction. Il ne constitue ni un conseil juridique, ni un avis sur une situation particulière, et n'engage pas son auteur. Les textes évoluent et leur application dépend de chaque cas : pour le vôtre, rapprochez-vous d'un avocat si vous l'estimez nécessaire.
Textes cités : articles L212-1, R212-1, R212-2, L241-1, L241-2, L216-1, L216-2, L221-23, L221-24 et R631-3 du code de la consommation.